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Quelle époque formidable !

Au sens polysémique du terme, c’est-à-dire effrayante, redoutable aussi bien qu’extraordinaire ou sensationnelle.
Le symptôme n’est pas réductible comme on le pense souvent à un simple dysfonctionnement, qui appelle réparation. Il relève d’un déchiffrement, d’une lecture. En ce sens, il est écriture. Freud nous a montré avec ses « Études sur l’hystérie » (1) à quel point la vérité du symptôme résiste à la lecture, à quel point nous y sommes attachés. Résistance devant l’assomption de cette vérité qui est notre incomplétude, le manque radical, qui est constitutif du sujet et auquel il a consenti : perte nécessaire d’une jouissance pour un gain d’humanité et un désir de vivre. Aujourd’hui cependant, l’exacerbation des effets du discours capitaliste et de l’idéologie illibérale potentialisés par l’usage fautif des technosciences, nous inscrit dans des processus pervers qui nous font prendre des vessies pour des lanternes en nous proposant des objets du marché, des lathouses en lien et place de l’objet cause du désir. Ces objets ne sont pas seulement matériels, ils peuvent être culturels. Le sujet lui-même réifié peut y être réduit, entraînant une subversion de notre rapport à la vérité, chacun se réduisant à être le même que le voisin, un clone semblable aux autres qui ne relèvent plus de l’altérité. Le rêve ultime de ces marchands de malheur étant le clonage de l’humain dont témoigne le transhumanisme. L’homme machine débarrassé de ses incomplétudes, de ses hésitations, de ses égarements, de ses symptômes et enfin de son humanité. Ceci au profit d’une performance, d’une rentabilité. Pourtant, ça cloche, ça résiste, car le sujet n’est pas réductible à ce point et derrière ce discours capitaliste, persistent les discours, ceux qui organisent le lien social autour de cet impossible à dire : objet petit a qui participe à la mise en place du fantasme et à celle de nos récits collectifs comme de nos mythes.

 

 

(1) FREUD S., BREUER J., « Études sur l’hystérie », PUF, 2002